Ce soir, resté seul dans mon atelier
Aux vieux murs tapissés de tableaux ,
De la fenêtre aux petits carreaux,
Penche l'ombre de mon chevalet plié.
Soudain, on vient frapper à ma porte.
J'ouvre, c'était ma belle "Joconde".
Son visage dans sa chevelure blonde,
Elle était là, son c½ur qui l'emporte.
Après avoir bu un thé a la menthe,
Elle pose d'une allure majestueuse.
Je vois sur sa fine taille voluptueuse,
Un reflet de lumière qui serpente.
Son beau corps drapé, tel une Venus,
Se montre sous mes pinceaux gras.
De ses pieds élancés jusqu'à ses bras,
Elle était mon modèle et ma muse.
Ma palette baignée de couleurs vives,
Lui lèche sa douce peau cristalline.
Sur ma toile, ses traits sont rectilignes,
S'y fondant comme des ombres furtives.
Allongée sur le divan comme une reine,
Son corps noyé dans un clair obscur,
Reflétant sa silhouette frêle sur le mur,
Je peints cette merveille avec aubaine.
Apres cette pose,mon tableau est achevé.
Ma "Joconde "se met sur mon lit et s'endort.
On dit qu' elle a le sourire des morts
Ma palette rangée et mon chevalet est levé.